Une rasade d'humanité
Publié le 29 Juillet 2005
J'ai encore des K7 vidéos. Si si, j'vous jure, j'en ai encore. Et de temps en temps (trop rarement), je ressors mes "films-cultes", et je regarde un chef d'oeuvre, avec les larmes aux yeux.
Il faut dire que presque tout me fait pleurer, les moments tristes, mais aussi les moments gais, les beaux paysages, les bons mots, les bouilles rigolotes, les bonnes intentions .... une vraie fontaine !! C'est parce que je n'ai pas encore eu le temps de me refaire une couche de peau, mais ça va venir ;-))). J'y travaille.
Or donc j'étais il y a peu de temps affalée sur mon canapé, les pieds réchauffés par mon chien, en croquant des Daim devant mon écran de télé, et j'avais mis dans mon magnétoscope un des films de ma-cinémathèque-de-si-je-me-retrouve-enfermée-dans-un-abri-atomique-ou-isolée-sur-une-île-déserte (à condition qu'il y ait l'électricité sur cette île déserte, évidemment).
Il s'agit de "12 hommes en colère" de Sydney Lumet, avec Henri Fonda (1957).
http://www.imdb.com/title/tt0050083/
A part la grande claque émotionnelle et esthétique, ce film me laisse l'impression qu'en 48 ans les sociétés occidentales n'ont pas beaucoup avancé. Peut-être que les autres non plus, d'ailleurs, mais je n'ai pas les moyens d'avoir un avis sur la question ;-). Je pense même qu'en terme de civisme, de citoyenneté, de justice, de lutte contre les préjugés, de défense des droits des êtres vivants ... d'humanité et d'humanisme, nos sociétés ont globalement regressé.
Tout était là. Tout était dit. Tout était clair, et rien n'a été vraiment entendu. Encore moins mis en pratique.
L'histoire est simple : un meurtre a été commis. L'accusé a 18 ans, il est jugé pour le meurtre de son père. Il risque la peine de mort. Dans le système judiciaire américain, il faut dans ce cas obligatoirement qu'il y ait unanimité parmi les 12 membres d'un jury pour admettre le verdict. Alors : coupable ou non coupable ? Parmi les douze membres du jury qui délibèrent, un seul évoque le "doute raisonnable"... c'est suffisant pour commencer à ébranler les convictions faciles, les raideurs, les lâchetés, la désinvolture assassine, les préjugés raciaux... Dans ce huis-clos à 12 personnes, toute la nature humaine se montre, avec ses générosités et ses faiblesses.
Le jeu des acteurs est éblouissant, la réalisation géniale.
C'est fort. C'est grand. C'est en noir et blanc. (sorry, jeu de mot débile = soupape à émotions :-/)
Dans un autre genre, et une autre fois, je vous ferai peut-être un commentaire de "The Party", de Blake Edwards avec Peter Sellers (1968), ça changera le ton ;-))).
Macha, encore en vrac.