Dur, dur !
Publié le 2 Septembre 2008
Un petit bilan pas tout à fait définitif de cette rentrée épique.
D'abord, et c'est le plus important, les enfants sont plutôt globalement contents de leur rentrée, et de leurs nouvelles écoles.
Pour le reste....
Lundi 1er septembre :
Convocation à 10 h à l'école de Timothée pour les parents et les enfants, tous parqués dans la salle de spectacle surchauffée de l'établissement, pour une "réunion de présentation" c'est à dire du blablabla assez banal et pas vraiment utile. Tous les enfants ont commencé à craquer, les uns après les autres, au bout d'1/4 d'heure. C'est donc dans un charivari impossible que la réunion s'est terminée vers 11 h 30. Timothée avait, déjà, les cernes au bas des joues, il était couleur grisâtre. Fatigué par le bruit, l'agitation, l'énervement, la foule. J'ai donc demandé à une dame charmante de l'accompagner à son quartier général des Lutins, pour qu'il puisse jouer là-bas avec des animatrices, pendant que je m'occupais de son transport.
Je vais donc voir l'accueil "transport", je donne le nom de mon fils, et on me communique le nom de la société contractée pour son transport. Je vais voir le stand de cette société, je fais la queue dans la file d'attente jusqu'à ce que mon tour arrive, je donne le nom de mon fils... et on m'annonce qu'il est dans la tournée numéro 6, véhicule adapté prévu pour 6 personnes. D'où mon étonnement : "mais, ce n'est pas une ambulance, alors ?" "ah non non non, nous on ne fait pas les transports en ambulance."
Je décide de voir le médecin, pour comprendre...... j'attends donc mon tour, dans la file d'attente pour parler au médecin. Quand enfin elle peut s'occuper de moi, je suis rejointe par la directrice de l'IEM et un employé de la société de transport. Et là, j'apprends que l'établissement de Timothée a changé d'avis, parce qu'ils ne peuvent pas du tout financer le transport en ambulance, même pas pour quelques trajets par semaine. En effet, pour monter un dossier de transport en ambulance, il faut faire une demande à la sécu et/ou à la MPDH, et donc faire passer Timothée en CRF et plus en IEM. Pour vous passer les détails, ça voudrait dire qu'il serait considéré en hôpital de jour et pas en établissement scolaire.... Et au bout d'un moment, ça ne marche plus !!! Le CRF ne se justifiant que pour des durées relativement "courtes".
Donc il est en transport aménagé, avec plusieurs autres petits camarades, et aucune personne d'accompagnement à part le chauffeur lui-même. Sécurité ???? Zéro. So much pour les impératifs médicaux avec lesquels on m'a bassinée l'année dernière !!
Le médecin insiste quand même pour que Timothée soit ramené le premier de sa tournée. Je vous passe aussi les détails de la tournée qui devient complètement surréaliste. Je vis à 20 kms de l'établissement, un autre enfant de la tournée habite à 5 kms de l'établissement. Le camion va donc remonter jusqu'à chez moi en premier, pour redescendre ensuite vers le domicile de ce pauvre gamin.
Hier, premier retour en transporteur de Timothée. Il est parti à 17 h de là-bas, il est arrivé chez moi à ... 17 h 50 !!! Je n'ose imaginer à quelle heure son camarade est rentré chez lui, j'imagine pas avant 18 h 30.
Bon, et oui, OK, j'ai téléphoné à l'établissement à 17 h 45 parce que mon fils n'était toujours pas chez moi, et que je m'inquiétais.... et oui, je l'ai imaginé dans le fossé, et toutes sortes de pensées cauchemardesques m'ont traversé l'esprit... jusqu'à ce que je récupère mon gamin, qui allait très bien, qui avait très bien mangé à midi à la cantine, et qui paraissait enchanté de sa première journée.
Mardi 2 septembre :
Jade a des nausées au petit déjeuner, je lui dis que c'est normal le jour de la rentrée. Timothée me dit que lui aussi il a envie de vomir. Je rassure tout mon petit monde en leur disant que tout va très bien se passer.
J'arrive à l'école de Jade à peu près à l'heure, et comme Jade reconnaissait plein de camarades devant la porte, je me suis dit que peut-être Timothée avait lui aussi envie de leur faire coucou. Je propose de descendre Timothée du camion, pour qu'on accompagne Jade jusqu'à l'école ensemble. Il a accepté avec empressement, mais au retour, il était un peu triste de ne pas rester avec sa soeur...
Sur le trajet vers son établissement, nous avons longuement parlé des raisons de leur séparation, et de l'injustice que cela représente.... j'ai l'impression que sa tristesse s'est un peu allégée, et je l'ai déposé chez les Lutins, d'où il est parti directement pour l'école. Je dois le récupérer ce soir, vers 17H50 comme hier, et je saurai alors si cette journée aussi s'est bien déroulée. Il n'avait pas école hier, donc c'est un peu la "vraie" rentrée aujourd'hui pour lui aussi.
Avant de retourner à l'école de Jade, à 10 heures, j'ai téléphoné au Conseil Général pour savoir si son transport ce soir serait assuré ou pas. Réponse : NON, la notification de la MDPH n'est pas arrivée. Donc interdiction au transporteur d'intervenir.
A l'école, l'AVS est là, toujours très sympa, très motivée. Tout va bien. Les cours s'arrêtent, l'AVS part en pause pour le déjeuner. On me demande comment installer Jade pour son repas. Je donne mon avis, et j'attends la personne qui vient donner son repas à Jade pour répondre à ses questions éventuelles.
J'attends.
J'attends.
Du coin de l'oeil, je vois ma gosse toute seule à sa table, personne ne vient lui donner à manger. Personne.
Au bout d'un moment, je m'asseois avec elle et je commence à lui donner son repas. Merde alors.
Puis, la responsable de la cantine vient me voir en me disant "c'est un scandale, personne n'est arrivé, la mairie a dit que c'était l'AVS qui devait donner à manger à la petite, etc..."
Je termine de donner son repas à Jade, et la responsable de la cantine obtient qu'une représentante de la mairie vienne s'expliquer. En l'attendant, je mets Jade sur le fauteuil des toilettes, je lui raconte une histoire.... Bref, la petite a passé plus d'une heure et demie en tête à tête avec sa mère, elle est ravie. Je l'accompagne ensuite jusqu'à la cour de récréation, puis la dame de la mairie arrive.
Réunion improvisée avec moi, la représentante du service enfance de la mairie, et la responsable de la cantine. En fait, la mairie a accordé un effectif d'une personne supplémentaire à la cantine de l'école, pour qu'une des personnes "habituelles" soit consacrée à Jade. C'est à la responsable de la cantine de décider qui. Alors qu'elle croyait qu'une personne de l'extérieur viendrait, formée pour cette fonction particulière. Gros malentendu. Nous convenons donc que cette tâche sera proposée à l'équipe, pour que deux personnes soient désignées (l'une remplaçant l'autre pour les congés). Et donc, jeudi et vendredi, j'irai, à nouveau, à la cantine de Jade pour donner les indications nécessaires. En martelant qu'à compter de la semaine prochaine, je ne dois plus mettre les pieds à l'école ! Ce n'est pas ma place, ce n'est pas mon rôle.
A 14 heures, en sortant de cette réunion improvisée, je suis allée directement à la MDPH. A l'accueil, j'explique mon problème "le conseil général refuse de prendre en charge le transport de ma fille tant qu'ils n'ont pas reçu la notification", "de quand date la demande", "de novembre 2007, et on a redéposé le dossier en mai". Elle téléphone au service concerné, la dame est en congés (ça je le savais), et un monsieur regarde le dossier... La dame de l'accueil reste au téléphone avec lui, et me communique au fur et à mesure l'avancée de l'affaire. Le monsieur est effectivement surpris que le conseil général n'ait rien reçu, on prend mon numéro de téléphone, et on me congédie de la MDPH en promettant de me rappeler.
J'insiste : "mais... comment je fais pour ce soir ? Je ne peux pas me dédoubler ! Comment je fais pour ce soir ?" "Promis, on vous rappelle, promis." Résultat, il est 15 heures et personne ne m'a rappelée.
Comment ça va se terminer ?
C'est sur ce suspense insoutenable que je vais vous quitter, ne connaissant pas la réponse moi-même.... la suite au prochain numéro ;-))
Macha.
D'abord, et c'est le plus important, les enfants sont plutôt globalement contents de leur rentrée, et de leurs nouvelles écoles.
Pour le reste....
Lundi 1er septembre :
Convocation à 10 h à l'école de Timothée pour les parents et les enfants, tous parqués dans la salle de spectacle surchauffée de l'établissement, pour une "réunion de présentation" c'est à dire du blablabla assez banal et pas vraiment utile. Tous les enfants ont commencé à craquer, les uns après les autres, au bout d'1/4 d'heure. C'est donc dans un charivari impossible que la réunion s'est terminée vers 11 h 30. Timothée avait, déjà, les cernes au bas des joues, il était couleur grisâtre. Fatigué par le bruit, l'agitation, l'énervement, la foule. J'ai donc demandé à une dame charmante de l'accompagner à son quartier général des Lutins, pour qu'il puisse jouer là-bas avec des animatrices, pendant que je m'occupais de son transport.
Je vais donc voir l'accueil "transport", je donne le nom de mon fils, et on me communique le nom de la société contractée pour son transport. Je vais voir le stand de cette société, je fais la queue dans la file d'attente jusqu'à ce que mon tour arrive, je donne le nom de mon fils... et on m'annonce qu'il est dans la tournée numéro 6, véhicule adapté prévu pour 6 personnes. D'où mon étonnement : "mais, ce n'est pas une ambulance, alors ?" "ah non non non, nous on ne fait pas les transports en ambulance."
Je décide de voir le médecin, pour comprendre...... j'attends donc mon tour, dans la file d'attente pour parler au médecin. Quand enfin elle peut s'occuper de moi, je suis rejointe par la directrice de l'IEM et un employé de la société de transport. Et là, j'apprends que l'établissement de Timothée a changé d'avis, parce qu'ils ne peuvent pas du tout financer le transport en ambulance, même pas pour quelques trajets par semaine. En effet, pour monter un dossier de transport en ambulance, il faut faire une demande à la sécu et/ou à la MPDH, et donc faire passer Timothée en CRF et plus en IEM. Pour vous passer les détails, ça voudrait dire qu'il serait considéré en hôpital de jour et pas en établissement scolaire.... Et au bout d'un moment, ça ne marche plus !!! Le CRF ne se justifiant que pour des durées relativement "courtes".
Donc il est en transport aménagé, avec plusieurs autres petits camarades, et aucune personne d'accompagnement à part le chauffeur lui-même. Sécurité ???? Zéro. So much pour les impératifs médicaux avec lesquels on m'a bassinée l'année dernière !!
Le médecin insiste quand même pour que Timothée soit ramené le premier de sa tournée. Je vous passe aussi les détails de la tournée qui devient complètement surréaliste. Je vis à 20 kms de l'établissement, un autre enfant de la tournée habite à 5 kms de l'établissement. Le camion va donc remonter jusqu'à chez moi en premier, pour redescendre ensuite vers le domicile de ce pauvre gamin.
Hier, premier retour en transporteur de Timothée. Il est parti à 17 h de là-bas, il est arrivé chez moi à ... 17 h 50 !!! Je n'ose imaginer à quelle heure son camarade est rentré chez lui, j'imagine pas avant 18 h 30.
Bon, et oui, OK, j'ai téléphoné à l'établissement à 17 h 45 parce que mon fils n'était toujours pas chez moi, et que je m'inquiétais.... et oui, je l'ai imaginé dans le fossé, et toutes sortes de pensées cauchemardesques m'ont traversé l'esprit... jusqu'à ce que je récupère mon gamin, qui allait très bien, qui avait très bien mangé à midi à la cantine, et qui paraissait enchanté de sa première journée.
Mardi 2 septembre :
Jade a des nausées au petit déjeuner, je lui dis que c'est normal le jour de la rentrée. Timothée me dit que lui aussi il a envie de vomir. Je rassure tout mon petit monde en leur disant que tout va très bien se passer.
J'arrive à l'école de Jade à peu près à l'heure, et comme Jade reconnaissait plein de camarades devant la porte, je me suis dit que peut-être Timothée avait lui aussi envie de leur faire coucou. Je propose de descendre Timothée du camion, pour qu'on accompagne Jade jusqu'à l'école ensemble. Il a accepté avec empressement, mais au retour, il était un peu triste de ne pas rester avec sa soeur...
Sur le trajet vers son établissement, nous avons longuement parlé des raisons de leur séparation, et de l'injustice que cela représente.... j'ai l'impression que sa tristesse s'est un peu allégée, et je l'ai déposé chez les Lutins, d'où il est parti directement pour l'école. Je dois le récupérer ce soir, vers 17H50 comme hier, et je saurai alors si cette journée aussi s'est bien déroulée. Il n'avait pas école hier, donc c'est un peu la "vraie" rentrée aujourd'hui pour lui aussi.
Avant de retourner à l'école de Jade, à 10 heures, j'ai téléphoné au Conseil Général pour savoir si son transport ce soir serait assuré ou pas. Réponse : NON, la notification de la MDPH n'est pas arrivée. Donc interdiction au transporteur d'intervenir.
A l'école, l'AVS est là, toujours très sympa, très motivée. Tout va bien. Les cours s'arrêtent, l'AVS part en pause pour le déjeuner. On me demande comment installer Jade pour son repas. Je donne mon avis, et j'attends la personne qui vient donner son repas à Jade pour répondre à ses questions éventuelles.
J'attends.
J'attends.
Du coin de l'oeil, je vois ma gosse toute seule à sa table, personne ne vient lui donner à manger. Personne.
Au bout d'un moment, je m'asseois avec elle et je commence à lui donner son repas. Merde alors.
Puis, la responsable de la cantine vient me voir en me disant "c'est un scandale, personne n'est arrivé, la mairie a dit que c'était l'AVS qui devait donner à manger à la petite, etc..."
Je termine de donner son repas à Jade, et la responsable de la cantine obtient qu'une représentante de la mairie vienne s'expliquer. En l'attendant, je mets Jade sur le fauteuil des toilettes, je lui raconte une histoire.... Bref, la petite a passé plus d'une heure et demie en tête à tête avec sa mère, elle est ravie. Je l'accompagne ensuite jusqu'à la cour de récréation, puis la dame de la mairie arrive.
Réunion improvisée avec moi, la représentante du service enfance de la mairie, et la responsable de la cantine. En fait, la mairie a accordé un effectif d'une personne supplémentaire à la cantine de l'école, pour qu'une des personnes "habituelles" soit consacrée à Jade. C'est à la responsable de la cantine de décider qui. Alors qu'elle croyait qu'une personne de l'extérieur viendrait, formée pour cette fonction particulière. Gros malentendu. Nous convenons donc que cette tâche sera proposée à l'équipe, pour que deux personnes soient désignées (l'une remplaçant l'autre pour les congés). Et donc, jeudi et vendredi, j'irai, à nouveau, à la cantine de Jade pour donner les indications nécessaires. En martelant qu'à compter de la semaine prochaine, je ne dois plus mettre les pieds à l'école ! Ce n'est pas ma place, ce n'est pas mon rôle.
A 14 heures, en sortant de cette réunion improvisée, je suis allée directement à la MDPH. A l'accueil, j'explique mon problème "le conseil général refuse de prendre en charge le transport de ma fille tant qu'ils n'ont pas reçu la notification", "de quand date la demande", "de novembre 2007, et on a redéposé le dossier en mai". Elle téléphone au service concerné, la dame est en congés (ça je le savais), et un monsieur regarde le dossier... La dame de l'accueil reste au téléphone avec lui, et me communique au fur et à mesure l'avancée de l'affaire. Le monsieur est effectivement surpris que le conseil général n'ait rien reçu, on prend mon numéro de téléphone, et on me congédie de la MDPH en promettant de me rappeler.
J'insiste : "mais... comment je fais pour ce soir ? Je ne peux pas me dédoubler ! Comment je fais pour ce soir ?" "Promis, on vous rappelle, promis." Résultat, il est 15 heures et personne ne m'a rappelée.
Comment ça va se terminer ?
C'est sur ce suspense insoutenable que je vais vous quitter, ne connaissant pas la réponse moi-même.... la suite au prochain numéro ;-))
Macha.