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Publié le 12 Mai 2014

Ce matin j'étais au volant de mon camion, et j'emmenais mes enfants à l'école. 

Sur le trajet, je voulais parler d'un truc avec eux. En effet, je viens juste de terminer de scanner l'Odyssée pour Jade, et en le parcourant en diagonale j'ai été prise de la même nausée que pour certains passages de la Bible que les professeurs ont fait étudier aux enfants en Français cette année (dans la rubrique des textes fondateurs). Vous vous souvenez, vous, de l'assassinat des prétendants ? A quel point c'est glauque et sanguinolent ? On est quand même dans le gore, hein, entre l'aveuglement du Cyclope et le retour d'Ulysse. Bref.

Alors je me suis lancée, en expliquant que dans l'Odyssée, comme dans la Bible, sont décrites des formes de sociétés qui sont heureusement dépassées maintenant. Nous n'avons plus les mêmes façons de gérer les conflits ni les luttes de pouvoir, en assassinant sauvagement nos opposants. Enfin, en tout cas c'est interdit maintenant. Nous n'avons plus les mêmes façons de nous servir les uns des autres par l'esclavage, la torture ou l'intimidation. Enfin, en tout cas c'est interdit maintenant. Nous avons appris à accepter les différentes opinions et les différentes religions les uns des autres, sans lapider ceux qui ne pensent pas comme nous. Enfin, officiellement en tout cas, car c'est interdit maintenant. Dans la plupart des pays.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle ces textes ont été retravaillés, dans des films ou des dessins animés, pour être plus accessibles aux gens de maintenant. Les histoires de la Bible que nous avons vues en dessins animés ne sont pas aussi violentes, même si parfois il restait des choses à expliquer, que les textes eux-mêmes le sont dans leurs versions proches de celles d'origine.

J'ai fait une comparaison avec Star Trek. En effet, en tant qu'hard core trekker, j'initie mes enfants petit à petit à cet univers dense, et profond (chacun ses textes fondateurs, hein !), qui commence par la série originale, dans laquelle, pour la première fois (en 1967), on a vu à la télévision un baiser (même pas volontaire) entre une femme noire et un homme blanc. Ce qui avait scandalisé l'opinion américaine à l'époque. Des pétitions avaient même été lancées pour interdire cette série qui osait filmer un baiser interracial.

Et j'ai expliqué à mes enfants que la société "idéale" décrite dans Star Trek montre que l'humanité a évolué par rapport à la barbarie décrite dans l'Odyssée, ou dans la Bible (oui, pour moi le Lévitique - en particulier - est barbare, dans toute la conception la plus péjorative de ce terme). 

Le capitaine Kirk est plusieurs fois obligé de justifier l'avancée de la "culture" humaine auprès d'aliens qui en font le procès, et il explique à diverses occasions que oui, l'humain a montré sa férocité guerrière, sa soif du pouvoir, sa cupidité, un égoïsme criminel inhérent à sa nature, avant de devenir une civilisation plus avancée, et de dépasser ces pulsions les plus viles. Ouf.

Le premier épisode de la série Star Trek suivante (Farpoint, TNG) que nous avons vu aussi avec les enfants est justement la mise en scène du procès de l'humanité. Et cette fois, c'est le capitaine Picard et son équipage qui doivent justifier la valeur de l'humanité par les progrès - essentiellement sociaux - qu'elle a accompli depuis son enfance barbare. 

Alors étudier les textes fondateurs, aussi pénible et dérangeant que cela puisse être, est nécessaire pour savoir d'où l'on vient. Cette violence fait partie de notre histoire. Les profs ont raison de vouloir les faire étudier. Cela nous rappelle aussi vers quoi nous voulons aller, et cela nous aide à le formaliser. On peut dire plus facilement de quoi on ne veut plus, et ce qui doit changer.

La série originale Star Trek a servi - vraiment - dans les combats contre les discriminations raciale et politique. En pleine guerre froide, il y avait une femme noire et un russe sur le pont de l'Enterprise ! Dans la nouvelle génération (TNG), c'est l'égalité homme-femme qui a été plus développée à son tour (parce que oui, quand même, dans la précédente, les femmes sont encore de jolies potiches fragiles et pas très fut-fut, que les hommes doivent protéger et tutorer tout en admirant leur beauté dénudée, ahem....). 

Et puis j'ai pensé à l'événement du week-end à côté duquel nous sommes passés, télévisuellement parlant, mais qui faisait déjà polémique sur mes réseaux sociaux préférés, car nous avons suivi The Voice, mais au moins autant de français ont suivi l'Eurovision. Comme je sais qu'à l'internat des enfants on parle de tout un tas de choses en leur présence (ils ne vivent pas sous cloche, tant mieux), je voulais aussi les préparer au débat sur Conchita Wurst. Donc je leur ai parlé de cet autre concours de chant, qui a été gagné par un homme qui s'habille et se maquille en femme. 

"C'est bizarre, a dit Jade.

- Oui peut-être, mais pas plus que moi qui porte toujours des pantalons. A une époque, celle de la première série Star Trek par exemple, on n'aurait pas trouvé ça normal que moi je ne m'habille pas en robe et que je ne me maquille quasiment jamais, alors que je suis une femme. Pourtant maintenant, cela ne dérange personne. Alors un homme peut bien s'habiller en robe et se maquiller s'il en a envie, c'est tout aussi normal, non ?

- Ah oui, vu comme ça.

- C'est un concours de chant. C'est en tant que chanteur qu'on doit le juger, pas sur son apparence... Nous, on a bien été agacés que Kendji...

- Kendjiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! miaule Jade, les yeux brillants.

- Oui, bon, enfin on est tous d'accord qu'il a gagné parce qu'il est beau gosse, et pas pour ses talents de chanteur.

- Oui mais c'est Kendjiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

- OK, revenons à Conchita. Lui aussi, il doit être jugé sur sa prestation en tant que chanteur, pas parce qu'il a une robe, ou la barbe, ou les deux à la fois.

- C'est vrai et de toute façon il ne dérange personne en étant habillé comme il veut et maquillé comme il veut.

- Voilà. C'est exactement ça l'idée."

Là les enfants commencent à parler d'un de leurs camarades, qui a dit être amoureux d'un autre camarade. 

Jade ajoute :

- Alors certains disent qu'il est homosexuel, mais quand ils disent ça, on sent que ce n'est pas gentil.

- On sent qu'il y a un jugement, comme si c'était mal d'être homosexuel ?

- Oui, pourtant c'est pareil, qu'on soit amoureux d'un garçon ou d'une fille il ne devrait pas y avoir de différence.

- Je suis d'accord avec toi. Pourtant il y a encore des tas de préjugés à cause de ça. Et il y a même encore des pays où les homosexuels sont condamnés à mort uniquement parce qu'ils sont homosexuels.

- Quoi ? Ce n'est pas possible ?!

- Si, tu vois il y a encore du chemin à faire pour que notre monde soit plus juste. L'humanité a encore des progrès à faire pour gagner son procès à Farpoint... Et pour les personnes handicapées aussi, il reste des progrès à faire. Une loi est passée, il y a des années, qui oblige tous les bâtiments et les structures ouverts au public à être accessibles à tout le monde, même aux personnes handicapées, et elle doit être appliquée en 2015. Les transports, les mairies, les préfectures,... enfin tous les endroits où tout le monde peut aller devraient être vraiment accessibles pour tous, y compris aux handicapés l'année prochaine. Mais comme ça coûte beaucoup d'argent de faire des travaux pour faire des rampes et d'autres aménagements, beaucoup de gens ont demandé le report de l'application de cette loi à plus tard.

- Mais c'est pas juste ! 

- Non, ce n'est pas juste. La loi doit être appliquée. Elle dit que partout où le public est attendu, tout doit être mis en oeuvre pour qu'il soit vraiment accueilli, malgré les difficultés techniques. L'échéance c'est 2015, et cette loi devrait être respectée. Pourtant, elle ne le sera pas. Il restera plein d'endroits où on fera des exceptions, où on accordera des délais, où ça ne sera pas fait... et où on ne pourra pas aller.

- Mais c'est pas juste !

- Ben tu vois, il reste encore du chemin à faire encore, après tout celui qu'on a accompli depuis le temps des textes fondateurs... On n'a pas fini !

Fin de nos quarante minutes de trajet. Les enfants sont à  l'école.

A eux maintenant de poursuivre leur route. 

Je crois - j'espère - qu'ils liront la suite de leurs textes de français avec moins de réticence et de répulsion... parce qu'ils savent que le monde change, qu'il a changé, et qu'il changera encore.

Macha.

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Rédigé par Macha

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Publié le 3 Décembre 2011

- Tu ne parles pas du Téléthon ?


- Ben... non.


- Pourquoi ?


- Parce que je ne me sens pas concernée. En fait, j'ai l'impression que ne sont concernés que ceux qui y croient... comme pour Yom Kippour, ou l'Aïd el Kebir... ou Noël...


- Tu veux dire que le Téléthon est une religion ?


- Quand je vois la ferveur de certains pour le défendre ou pour l'attaquer, oui, ça m'y fait penser...


- L'AFM n'est pourtant pas une secte !


- Non, sans doute. Mais c'est une organisation humaine, avec ses faiblesses, comme toute organisation. Avec ses luttes de pouvoir, ses clans, ses inerties, ses priorités, ses oeillères, ses élans de sincérité, sa démagogie...


- Mais l'argent, il sert aux gens touchés par les maladies, à la recherche ! C'est important !


- Oui... comme l'argent d'Handicap International sert à aider les victimes de bombes antipersonnelles. Comme celui récolté par la Croix Rouge, le Comité contre la Faim, l'Unicef, le Sidaction, les Restos du Coeur, etc. aide des gens qui en ont besoin... mais pour moi toutes ces causes se valent. Je me sens autant ou aussi peu concernée directement par l'une que par l'autre. Et je comprends bien que pour les gens "quelconques", pas touchés par une maladie génétique neuromusculaire c'est pareil. Alors s'ils donnent, ils ne vont pouvoir donner que pour soutenir une ou deux causes, mais pas toutes. On a tous nos limites.   


- Et tu le regardes, le Téléthon, cette année, au moins ?


- Non. Pas une seule minute. Moi aussi j'ai mes limites.


- Tu n'as même pas mauvaise conscience ?


- Même pas. Je vais te dire, la seule chose qui me vient à l'esprit cette année, c'est qu'enfin je me sens moins masochiste que d'habitude. Je m'épargne. Et je trouve que c'est un grand progrès.


- Tu n'as pas de souhait particulier ?


- Bah si, allez, je souhaite à tous mes copains et copines impliqués de passer de bons moments grâce au Téléthon - comme je souhaite souvent à mes amis croyants de bonnes fêtes, dans leurs religions respectives ;-) - et oui, bien sûr, tout plein d'argent pour financer la recherche médicale, évidemment.

Alors, à tous ceux qui y croient, un joyeux Téléthon !

Macha.

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Rédigé par Macha

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Publié le 5 Décembre 2010

Ah.... le Téléthon...

Ce devrait être une fête annuelle, comme la Journée des Familles de la même association (l'AFM) en juin : l'occasion de retrouver les copains et copines, de partager, ensemble mais aussi cette fois avec le plus grand nombre, un moment riche de sens et d'émotions, de s'amuser tout en informant sur les maladies que nous connaissons, en apprenant sur celles dont nous ne soupçonnions même par l'existence...

Au lieu de cela, c'est une épreuve annuelle, un cauchemar. Je regarde ou pas ? Je montre des passages aux enfants ou pas ? Participer aux animations sur le terrain : pas question avec ce froid ! Ce serait emmener mes enfants vers la mort. Participer dans le public autour du plateau TV : j'ai déjà fait merci, et je n'imposerai pas ça à mes enfants. Trop d'inconfort, de froid surtout - encore une fois - et donc de risque (pour eux un risque est un risque mortel), et surtout, pas grand'chose qui les concerne vraiment.

Ah bon ? Ben non.

Dans ce que je vois du Téléthon depuis des années, rien ne ressemble à mon histoire, à mes combats ni à mes espoirs.

Mon quotidien est nettement moins édulcoré que celui qui y est présenté. Et pour cause, à chaque fois que des parents comme moi se sont plaint à l'AFM du manque de réalisme des "cas" présentés, on leur a répondu la même chose : "ça ne fait pas donner. Il faut un équilibre : si c'est trop noir, les gens ne donneront pas, si c'est trop rose, ils ne donneront pas non plus, alors on présente ce qu'il faut pour qu'ils mettent la main à la poche". Sauf que - heureusement ou malheureusement - les vieilles ficelles ne marchent plus. Alors il y a moins de dons, et toujours autant de familles frustrées du manque de réalisme des témoignages présentés.

Parce qu'au Téléthon, on parle d'amyotrophie spinale avec, toujours, des enfants qui ont - et tant mieux pour eux !!! - une bonne motricité dans les mains, voire même dans les bras, et un bon état respiratoire. L'année dernière, dans un témoignage représentant l'ASI, le gamin poussait lui-même son fauteuil avec ses bras ! Et Juline, que j'adore, a une version de la maladie qui ne ressemble pas à celle de mes enfants, même pas à la forme dont souffre Jade...

Alors quand j'explique aux ambulanciers que Timothée a la même maladie que celle qu'on voit tous les ans au Téléthon, ils me regardent de travers, genre : "Mais qu'est-ce qu'elle lui fait à son gamin pour qu'il soit en si mauvais état, alors, lui ?". On verra peut-être un insuffisant respiratoire à la télévision, mais adulte hein, parce qu'un môme de huit ans trachéotomisé, ça l'fait pas... On passera rapidement sur les soins et exercices quotidiens, on oubliera les opérations et les problèmes d'alimentation (qui conduisent parfois à une gastrostomie). Et quand on parle des enfants atteints du type 1, on se garde bien de dire qu'ils sont, pour 80 % d'entre eux, condamnés à mort avant l'âge de 1 an.

Alors mon histoire, non, elle ne ressemble pas à ça. Les jolis couples bien unis qui se serrent les coudes, et qui se relaient la nuit pour se lever - parce qu'il faut se lever plusieurs fois presque toutes les nuits, pour déplacer, masser, aspirer (tiens d'ailleurs c'est dommage que personne n'ait expliqué POURQUOI on se lève...) - ben non, c'est pas comme ça chez moi non plus.

Et les combats alors, et les espoirs ? Ne croirais-je donc pas à la recherche ? Oh si, si bien sûr, mais pas à une "guérison" pour mes enfants. Je crois qu'il faut bien entendu faire avancer la recherche, j'espère que mon message est clair là-dessus. Mais pas en mentant.

Je veux dire, des trois enfants que j'ai mis au monde, et qui sont tous atteints d'amyotrophie spinale, lequel bénéficiera des avancées de la recherche sur cette maladie ? Pas Amandine déjà, décédée en 1997. Peut-être qu'on pourrait quand même freiner le grignotage incessant de cette saloperie de maladie dans les membres de mes deux enfants encore vivants ? Oui, ça d'accord, j'aimerais bien... mais les faire marcher ? Faut pas déconner ! Qui oserait dire ça, et à la télévision en plus ? Ah oui, Sophie Davant. Chaque année. Et elle le fait dire à des enfants, même à des ados, atteints d'ASI et qui répètent ce message navrant.

Putain, mais arrêtez les mecs ! Quand la fonte musculaire est celle qu'on connaît, que les rétractions sont celles qu'on connait, que les gosses ont passé leur arthrodèse et vivent avec une tige fixée dans leur dos, quel médicament pourrait renverser ces effets ? Les os sont tordus par les rétractions, il y a des déformations partout, et on imagine pouvoir un jour mettre tout ça debout, et en mouvement ? Mensonges insupportables. Il y a des effets irréversibles à cette maladie, il suffit d'ouvrir les yeux.

Et c'est quoi mon espoir alors, si ce n'est pas celui de la guérison ? Il y aura toujours des maladies dont on ne guérit pas, pour moi l'espoir c'est de vivre avec. Vivre avec ces handicaps, comme nous le faisons tous, qu'on ait des handicaps visibles ou invisibles. Qu'ils soient mentaux ou moteurs, sensoriels ou culturels. Nous sommes TOUS handicapés par quelque chose. Nous avons TOUS à apprendre à vivre quand même, comme nous sommes, parmi les autres, et avec les autres, comme ils sont. C'est ça mon espoir. Et mon combat.

Bien sûr que les recherches permettront (si on les finance) d'avancer vers des thérapeutiques, et que certains médicaments pourront peut-être un jour améliorer le quotidien de mes enfants. Je ne vais pas passer à côté si je peux leur en faire profiter, mais il faut relativiser. La guérison existera pour les enfants qui naîtront dans quelques décennies. Mais pas pour ceux qui sont déjà nés, a fortiori pas non plus pour ceux qui sont déjà morts et dont on parle si peu. Alors entendre dire ce genre de malhonnêteté, parce que ça fait "donner" soi-disant, moi ça m'écoeure.

L'équation impossible du Téléthon, c'est : des informations (réalistes) + du fun + un élan national de solidarité.

Pour favoriser la "générosité des français", on a fait l'impasse sur les vraies informations et sur le fun. Maintenant, "on" se plaint que la France ne donne pas assez. Peut-être alors qu'il faudrait revoir l'analyse de l'équation... et arrêter de prendre les gens pour des cons.

Dans mon éducation, j'ai appris que si on critique, il faut savoir proposer autre chose à la place... Mais là, c'est comme pour les questions politiques. Quand on se retrouve à devoir choisir (choisir !!!) entre Sarkosy et Royal, on se dit que la vie politique française est dans un état déplorable. Comment faire remonter cela ? Ma foi, je n'en sais vraiment rien.

Alors puisque je critique le Téléthon tel qu'il est, qu'est-ce que je propose à la place ? Sûrement pas d'aller y parler de moi, j'ai toujours refusé de le faire et de donner mes enfants en pâture à la pitié nationale... Passer par l'AFM ? Ils répondent que le ton de l'émission est imposé par France Télévisions. Et je me sens face à la télévision publique française comme devant la politique française. Impuissante. Broyée par le système de nivelage par le bas et d'abrutissement de masse.

Au final : ce Téléthon, est-ce une réussite ou un échec cette année ? Je ne sais pas, et je ne parviens même plus à me sentir concernée...

J'ai juste eu plaisir à voir des gens que je connais et que j'apprécie : Juline et ses parents, très touchants, Christelle et Sébastien, parents d'un petit Timothée comme le mien, Staral et Isa qui sont passés samedi matin avec leurs vrais prénoms et que j'ai trouvés magnifiques... Chaque fois, j'ai enragé que leurs témoignages soient si mal exploités, que les vies de ces gens que j'adore ne soient pas rendues dans leur authenticité, que leurs messages soient si peu entendus, que leurs problématiques soient chaque fois survolées, édulcorées, laminées.

Vous avez entendu, vous, parler de VNI, de ventilation assistée, d'arthrodèse, de détresse respiratoire, de la perte graduelle et inexorable de toute motricité d'année en année, de trachéotomie, de deuil...??? ou de sexualité assistée, de sexualité tout court, de solitude affective, de maternité pour les femmes handicapées, de ce que représente l'autonomie avec une assistance 24 h/24, etc... pendant ce Téléthon ? Nan, je demande ça parce que peut-être que j'ai loupé les deux seules minutes qu'il y aurait eu avec de l'authentique dedans...

Peut-être que c'est utopique d'imaginer faire connaître la réalité du quotidien de situations considérées comme extrêmes, et d'imaginer en faire un moment agréable, dont on verrait la grâce. Parce qu'il y a de la grâce, je trouve, à faire faire des bulles de savon à un gamin trachéotomisé, ou à faire danser une demoiselle en fauteuil, il y a de la grâce dans leurs victoires du quotidien... et d'imaginer que le partage de ces moments de vie pourrait :

1/ favoriser l'insertion dans la société de tous les handicaps et de tous les handicapés (de tout le monde, donc)

2/ convaincre de participer financièrement à la recherche sur les maladies rares, quelles qu'en soient les conséquences et le rythme, en ayant des informations réelles et fiables sur ces recherches, leurs programmes, leurs réussites, et leurs échecs.

Mouais... je crois au Père Noël, c'est ça ? Tant mieux, c'est de saison !...

Macha

 

Edit 1 : Céline, elle, a plein d'idées assez précises de choses à améliorer, proposer, sur lesquelles insister, etc... Elle en a fait un article sur son blog, que je vous conseille de lire...

 

Edit 2 : je salue et remercie au passage tous les bénévoles de la force "T" et les personnes qui se lancent localement dans des animations et des défis pour récolter de l'argent pour le Téléthon. Ces initiatives sont formidables, et viennent d'un élan sincère et spontané de générosité et de solidarité sans lequel le Téléthon ne serait rien et n'aurait aucun sens. Comme je l'ai écrit en réponse à un commentaire, ce que je déplore essentiellement c'est que ces forces vives et l'état d'esprit qui les anime ne "passent" pas dans la petite lucarne, pour que ceux qui restent chez eux puissent les ressentir, et s'y réchauffer.

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Rédigé par Macha

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Publié le 3 Mars 2010

J'ai ouvert une rubrique dans mon profil Facebook pour les articles que je recommande sur le Net, parce qu'ils décrivent, mieux que je n'y parviens moi-même, une opinion que je trouve intéressante sur un sujet d'actualité.

Aujourd'hui, c'est une série de plusieurs sources, toutes concernant le fameux et surmédiatisé débat sur le "voile" (on devrait dire LES voiles, mais bon)... et en grande partie imagée (donc ça ne passe pas sur Facebook, voilà voilà).

1/ Le plus raisonné des points de vue sur le sujet - à mon avis - se lit sur : Dignité et droits : Pour une refondation sociétale - Blog LeMonde.fr ... mais... c'est un peu long (pis 'ya plein d'mots et pas d'images  ).

2/ Le plus imagé des points de vue, rejoignant le précédent (et le mien), je l'ai lu sur un forum d'informatique, passage écrit par bphenix, contributeur belge :

"Pour moi, le port du voile salafiste
http://www.ouest-france.fr/of-photos/2009/06/20/SIGE_2754610_1_apx_470__w_ouestfrance_.jpg
ne laisse pas la place à l'interprétation: il existe en Belgique un loi, depuis des temps immémoriaux, qui interdit les déguisements sur la voie publique en dehors des périodes du carnaval, et ce, tout simplement, pour empécher des personnes de dissimuler leur identité (préparation d'attaques de banques, manifestations, "supporters" sportifs, ...). Au Luxembourg (et je pense que c'est valable en Belgique aussi), il est interdit de porter un casque de moto lorsqu'on rentre dans un commerce (station-service, banque, ...). Ca repose sur le même constat: il ne faut pas permettre à l'auteur d'un éventuel casse de cacher son visage impunément.
 
Ce type de vêtements ne permet pas non plus une vie sociale normale: comment l'administration communale pourrait-elle délivrer un document officiel à une personne ainsi habillée, en étant sûr (autant que possible) qu'on a bien affaire à la personne concernée ? Comment une école pourrait-elle remettre un enfant à sa mère, en s'assurant qu'il s'agit bien d'elle ? etc...
 
Donc, interdiction totale. Arrestation immédiate des contrevenants, traités comme des délinquants supposés préparer une attaque de commerce. Même sort pour ceux qui se baladent avec un bas-nilon sur la tête, ou qui cachent leur tête
 
Il ne s'agit ici nullement d'un problème de religion ou de tolérance, mais simplement de sécurité publique... Et la loi visée existe depuis des temps où il n'était pas le moins du monde question de problèmes avec des musulmans en Belgique...
 
Quant au vêtement traditionnel féminin afgan,
http://www.de-la-vie.com/reflexions-verseau/islam-burka.jpg
il me semble qu'en plus du problème évoqué plus haut, il s'agit quand-même d'une forme d'emprisonnement psychologique d'une personne, et non de l'expression d'une dévotion à "dieu" ou du respect d'une tradition vestimentaire.
 
Pour ce qui est du "foulard", qu'il soit islamique ou non, qu'il cache les cheveux ou non, je ne vois pas le problème dans l'espace public et pour autant qu'il soit librement consenti.
http://info.rsr.ch/xobix_media/images/rsr/2008/instant20080317-000000-418x280-028.jpg
A noter qu'en Iran, là où la loi est la plus stricte, et qu'une police religieuse est présente dans les rues pour s'assurer du respect strict de la loi islamique, les femmes prennent le plus de libertés avec le port du voile, prenant un malin plaisir à laisser passer des mèches de cheveux, à surmonter de lunettes de soleil très "in", un voile coloré et richement décoré, etc.
 
Mais il faut être raisonnable et ne pas chercher les problèmes en provoquant la majorité de la population.
 
Exemple: si je suis supporter d'Anderlecht, et que je suis étudiant dans une école liégeoise, je vais éviter d'arborer des signes ostentatoires de mon choix footbalistique. De même, si je vais (par curiosité, par exemple) dans un meeting de Le Pen, je vais éviter de venir avec un T-shirt ouvertement de gauche...
 
Si, dans le cadre particulier des écoles, lieu de concentration de jeunes, par nature pas tout-à-fait finis, nécessitant encore un apprentissage à la tolérance et à la dialectique pacifique, où toutes les idées et opinions sont potentiellement représentées et où on doit déplorer de plus en plus souvent de la violence physique, on voulait simplement prévenir des causes de "clashes" en interdisant les manifestations ostensibles d'opinions personnelles, telles les choix sportifs, politiques, religieux, idéologiques, pratiques sexuelles ou en matières de drogues, appartenance à un groupe, une bande, un quartier, choix musicaux (appartenance à un fan-club, identification à un mouvement musical), classe sociale, etc...
 
On en reviendrait bien vite à l'uniforme ou au tablier d'étudiant. Là n'est pas mon propos (je n'ai d'ailleurs jamais connu ça). Mais il me semble que si un foulard choque car il est porteur d'une certaine idéologie qu'on estime devoir rester du domaine privé, le port, à l'école, d'un T-shirt prônant les bienfaits du canabis est du même niveau.
http://rlv.zcache.com/cannabis_t_shirt-p2356838058689725663m43_400.jpg
 
En s'attaquant au seul problème du "voile", laissant de côté bien d'autres dérapages, on envenime le débat et on raidit la position des musulmans. Par contre, en légiférant d'une manière plus générale, on réglerait ce problème mais aussi bien d'autres abus vestimentaires potentiels ou vécus:
http://static.mediamatic.nl/f/gsnd/image/1230-315-500.jpghttp://addtrader.files.wordpress.com/2008/04/tl-che_guevarra_for_the_informed_shirt.jpghttp://www.tshirtsville.com/acatalog/Exploited-t-shirt-Fuck-The-System.gif
 
Comprenez-moi: tous les sujets sont dignes d'être discutés à l'école, mais dans un cadre de qualité (écoute réciproque, respect du temps de parole de chacun, sous la direction d'un adulte, le professeur), dans les limites du respect des vérités scientifiques et historiques. Mais afficher son addiction à telle ou telle substance, groupe musical ou dogme religieux n'apporte rien au débat. Au contraire, c'est générateur de discriminations, de camps, d'idées préconçues, ce qui va justement à l'encontre de la nécessaire élévation intellectuelle qu'on peut attendre d'un tel endroit.
 
Quant à l'espace public, qui se sent choqué par le port d'un turban, d'un foulard, d'un pantalon surbaissé ou d'un kilt,  
http://www.ieo.fr/images/sarouel_ch331.JPG
pourvu que la personne accepte de se soumettre à la loi, par exemple en ce qui concerne les photos d'identités: celles-ci doivent se faire sans couvre-chef, sans maquillage, sans prothèses... afin de permettre l'identification en toute circonstances. Même les "bonne soeurs" devaient retirer leur cornettes  
http://www.feteland.com/pub/Costumes_adulte_femme/Cornette_de_bonne_soeur.JPG
de tout temps lors de la prise de leurs photos d'identités. Il n'y a donc pas de raison que ça ne puisse s'appliquer aux femmes musulmanes.
 
Maintenant, si qqun n'est pas d'accord, c'est-à-dire refuse la loi (des hommes) sous prétexte que "la loi divine lui est supérieure", on est dans le domaine de l'islamisme et non de l'islam(*). Il ne s'agit plus d'une pratique religieuse mais d'un acte de rébellion révolutionnaire:
avec une écharpe et une capuche enfoncée jusqu'aux yeux ou tout autre moyen.
Citation :

Islamisme: projet politique visant à transformer le système politique et social d'un Etat en faisant de la charia, dont l'interprétation univoque est imposée à l'ensemble de la société, l'unique source du droit


Et dans ce cas, il ne doit pas y avoir la moindre hésitation. Il s'agit de protéger ni plus ni moins nos valeurs de libertés religieuses (y compris de laïcité et d'agnosticité), de démocratie, de droits de l'homme, d'humanisme, etc. Aucune tolérance donc, à mon avis, face à ce type de comportement.
 
(*): Cette remarque vaut autant pour les scientologues, raéliens, israélites, évangélistes ou bouddhistes
 
Légiférer en matières d'habillements dans l'espace public est choquant. Mais ça existe déjà: le nudisme est interdit, l'exhibition sexuelle également. Si les nudistes défendent une opinion quant à un mode de vie qui serait meilleur sans vêtements, ils pratiquent bien leurs choix (dans un cadre privé), mais acceptent de respecter la loi démocratique, qui le leur interdit dans l'espace public général, même si ça ne les empêche pas de continuer à défendre leur point de vue. Il n'y a pas de raisons qu'il en soit différemment pour le foulard, qu'il soit religieux ou non.
http://medias.blog.lemonde.fr/files/2007/03/paysans.1175162279.gif
Paysans français en habits traditionnels
 
Le problème, c'est qu'en interdisant brutalement les signes religieux dans toutes les écoles, on risque de voir certaines filles sortir du système d'enseignement organisé, ce qui serait encore plus dangereux pour elles et pour la société en général après quelques années (elles vont élever leurs enfants ensuite sur le mode de ce qu'on leur a appris, ...)
 
Tiens, je pense être un chouillat HS... mais c'est pas moi qui ai lancé le sujet...


Message édité par bphenix le 21-09-2009 à 18:28:25

n°19921431
Profil sup​primé
Posté le 21-09-2009 à 18:20:29  answer
 

Concrètement, quel est l'intérêt de porter le voile islamique?

n°19921553
bphenix
Extrémiste modéré
Posté le 21-09-2009 à 18:33:02  profilanswer
 


Quel était l'intérêt de porter la soutane, la cornette, la kippa, l'uniforme ?
 
La reconnaissance, l'intimidation, l'identification d'appartenance à un groupe, ...
 
Plus généralement, quel est l'intérêt d'arborer un drapeau, un sigle, une enseigne ?
http://bruxelles.cafebabel.com/public/bruxelles/.drapeau_eur_flamand_s.jpg
 
http://flandre.novopress.info/wp-content/uploads/2009/06/marche_de_la_peene_2007_066.jpg

Message cité 1 fois
Message édité par bphenix le 21-09-2009 à 18:38:50


Fin de citation...

3/ J'ajouterais deux petites vidéos, la première (42") de Ilham Moussaïd, cette jeune étudiante qui se présente pour la liste NPA :



Et la seconde, plus artistique, de Jeanne Cherhal qui clôturera en beauté (visuelle et sonore) mon article :



Chacun se fait son opinion ! Mais moi j'aime bien les prises de position tolérantes et argumentées... et j'aime aussi les partager  !

Macha.

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Publié le 11 Février 2010

J'émerge de la neige, des cartons de bouquins, et des listes de tâches urgentes pour apprendre avec tristesse, voire consternation, que Laurence Tiennot-Herment, présidente de l'AFM, a l'intention de porter plainte contre Pierre Bergé pour "diffamation" à la suite des attaques qu'il a formulées en décembre contre le Téléthon.

C'est vraiment, à mon avis, la dernière chose à faire ! Les seules conséquences possibles que je vois à cette très contestable action, si elle a lieu, seront de discréditer encore plus l'AFM, qui prêtera le flanc à de nouvelles critiques (fondées sur l'utilisation des fonds dans une procédure judiciaire lancée contre une certaine forme de liberté d'expression), de donner à Pierre Bergé une plus large tribune encore pour y développer ses pensées et y défendre ses intérêts, et une mauvaise image pour l'AFM et les "affaires" qu'elle suscite, ce qui découragera les donateurs éventuels des Téléthons à venir.

Si l'objectif de Tiennot-Herment est de suicider le Téléthon, c'est sans aucun doute possible ce qu'elle fera de mieux par une telle démarche.

La seule chose à faire aurait été de laisser les chiens aboyer et de continuer de faire des choses BIEN, voire MIEUX. Prouver la transparence, montrer où va l'argent, utiliser les droits de réponse induits par les attaques de Pierre Bergé pour diffuser des reportages (intelligents) sur l'utilité de l'AFM et du Téléthon... Comme je l'avais dit à l'époque sur Facebook, le mieux aurait été d'utiliser la dynamique induite par ces attaques pour : lancer un audit sur l'image renvoyée effectivement par l'émission, s'en servir pour faire moins de misérabilisme, plus de festif, et montrer plus de respect envers les malades et leurs réalités pendant les 30 heures annuelles qui leur sont attribuées.

Il aurait fallu laisser de côté les réactions épidermiques (et égocentriques) pour se rappeler, d'abord et avant tout, de l'intérêt des malades, de leurs familles, des scientifiques et des programmes de recherche et de soins entamés ou à venir... Ces humains - et les programmes d'aide qui les concernent - ont besoin d'une association forte, par sa sincérité, sa transparence et son authencité... Une association qui inscrive ses actions dans la durée, sur le terrain, au plus près des malades.

En écrivant cela, et aussi parce qu'à d'autres occasions j'ai émis, moi aussi, des critiques ouvertes contre le Téléthon et son esprit racoleur et misérabiliste que j'ai maintes fois déploré, dois-je m'attendre à recevoir la visite, un matin à 6 heures, de policiers envoyés par une plainte de l'AFM, qui m'emmèneront en garde à vue (en pyjama ou en jogging ?) pour y répondre du droit d'expression dont j'use pour donner mon opinion ?

Nous vivons dans le pays de Le Pen, de Dieudonné, et aussi de Siné, Hara-Kiri et Charlie Hebdo... un pays ou le droit d'expression a encore un sens, réjouissons-en nous. Vous me rétorquerez que toutes les personnes que j'ai citées, l'infâme borgne et sa clique en tête, ont été condamnées pour diffamation (au moins). Certes, et à juste titre... mais vous souvenez-vous de qui les a attaqués ? Non ! En sont-ils sortis moins virulents et moins haineux ? Non !

Alors à qui profitera cette lamentable action en justice ?... Certainement pas au Téléthon !

Macha.

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Publié le 17 Novembre 2009

... ou, plus exactement, tenez-vous à votre système de santé ?

Aux Etats-Unis, le système de santé français est pris pour exemple, pour essayer de rendre plus solidaire une collectivité marquée par ses disparités et ses inégalités.

En France, malgré les signaux d'alerte, les alarmes lancées dans la presse, etc... la situation se détériore à grande vitesse... Quel étrange revirement, où bientôt ici, seuls les plus fortunés pourront être bien soignés, alors que là-bas la société civile bénéficiera d'un système de santé solidaire, qui aura pris comme modèle ce dont nous avions bénéficié auparavant.

Depuis hier, le CISS engage le débat par une consultation populaire sur les dangers du délitement du système de santé solidaire français.

Le CISS (Collectif interassociatif sur la santé) rassemble plus de 30 associations nationales et près de 20 collectifs régionaux intervenant dans le champ de la santé à partir des approches complémentaires d’associations de personnes malades et handicapées, d’associations familiales et de consommateurs. Il veille en particulier au respect des droits des malades consacrés par la loi du 4 mars 2002.

santé solidaire en danger ?


Donnez votre opinion, informez-vous, lisez les contributions des présidents d'association alarmés, et témoignez de l'évolution de votre système de santé sur le site ouvert à cette occasion :

www.santesolidaireendanger.org


Et sinon toujours en restant dans le même sujet, je vous suggère de lire l'article ci-dessous paru le 10/10/2009 (surtout la fin de l'article, qui situe plus sainement le débat, sans le sensationnalisme morbide des premiers paragraphes) :

Urgence aux hôpitaux de Paris


On ne pourra pas dire que nous n'étions pas prévenus...

Macha.

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Publié le 7 Avril 2009

D'habitude, je suis d'un naturel plutôt positif. Mais là moi j'vous l'dis, mon bon monsieur, ma bonne dame, nous vivons dans un monde pourri !

Depuis une semaine, nous parlons à la maison de la sortie scolaire de ce matin pour Jade. Timothée est jaloux, ce qui est bien normal, lui aussi il aimerait aller au spectacle. Et Jade est ravie d'aller au théâtre avec tous ses copains d'école. La maîtresse de Jade, qui est aussi la directrice de l'école élémentaire, a organisé la sortie et bien veillé à ce que ce soit accessible pour ma fille.

Pour ne pas changer, c'est moi qui m'y colle pour le transport, mais de bonne grâce, car ça ne me dérange pas. Donc rendez-vous ce matin avant 10 heures à la salle de spectacle (dans un grand centre commercial de ma ville). Nous nous présentons donc au théâtre à 9 h 45.

Derrière le comptoir, une femme au visage sombre, et un homme agressif et malaimable. Et devant le comptoir, l'instit de Jade très embêtée. Parce que le spectacle des enfants, il est prévu dans la petite salle. Et que la petite salle n'est pas accessible pour les personnes handicapées. La seule salle accessible, c'est la grande, mais pas question d'y faire le spectacle, puisqu'il est prévu dans la petite, etc....

Qu'à cela ne tienne, je propose de prendre Jade dans mes bras, et de l'asseoir sur mes genoux.

"Pas question !... blablabla... pas aux normes... blablabla... assurances.... blablabla... en cas d'incendie... blablabla... illégal..." Bref : NON ! Dégagez, vous la gosse en fauteuil, et sa mère qui veut nous faire faire des choses interdites. Vade retro !

Jade a vu arriver tous ses camarades de classe, elle leur a dit bonjour, et elle a compris qu'elle devait partir... Ailleurs.... Une déception énorme ! Comme jamais elle n'en avait eue. Elle s'est pris le truc de plein fouet, en plein coeur, sans aucune préparation. Et moi pareil.

Nous sommes parties toutes les deux, chialer dehors.

Je comprends le "couac" au niveau organisation, ce n'est pas ce qui fait le plus mal. C'est vrai que ce n'est pas naturel, quand on n'a pas l'habitude, de vérifier et revérifier et vérifier trois fois, en rappelant les gens, en décrivant le fauteuil, pour être sûre que tout le monde a bien compris, etc... Non, ce qui fait le plus mal, c'est d'avoir des robots en face de soi, pas des humains.

Si encore les gens de la salle avaient manifesté la moindre émotion, la moindre compréhension, une once de sentiment... mais ce béton froid qui leur servait de visage était pire que d'empêcher Jade de voir le spectacle avec ses camarades. Ils nous ont foutues à la porte, comme des malpropres, sans un mot d'excuse, sans... rien d'humain.

Nous vivons dans un monde où, avant de bouger, chacun appelle son avocat, pour se protéger. On vit dans un monde où on ne peut pas donner du Doliprane sans un formulaire en trois exemplaires signés par une spécialiste de Garches, parce que le médecin scolaire ne veut pas en prendre la responsabilité. Et où je ne peux même pas prendre ma gosse sur mes genoux pour qu'elle assiste à un spectacle scolaire.

C'est ce que je vous dis... un monde pourri !

Au final, Jade et moi avons fait les magasins ensemble... Nous nous sommes promenées en filles, léchant les vitrines, achetant des doudous tout doux pour adoucir notre peine, grignotant des bonbons pas bons pour les dents mais bons pour le moral, et achetant des DVD tout neufs à regarder ensemble ce soir, avec Timothée...

Et puis je l'ai emmenée à l'école à l'heure de la cantine, pour qu'elle reprenne le fil de sa journée .

Mais je l'ai vraiment en travers de la gorge.

Macha, entre larmes et colère.

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Publié le 3 Octobre 2008

Yakacliquer sur la bannière ;-))) ...

Macha.

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Publié le 28 Septembre 2008

Mon inscription d'hier sur FaceBook m'a permis de recevoir un méga cadeau d'anniversaire, une trentaine d'"amis" m'ayant fait le plaisir d'accepter de faire partie de mon réseau, et m'ayant souhaité un bon anniversaire en direct ! (le concept d'amis sur Facebook est très important, et correspond à toutes les sortes de relations possibles, de la plus intime à la plus lointaine).

Et ça, déjà, c'est géant. J'adore. Merci à tous.

Ensuite, parmi les avantages de Facebook j'ai trouvé très pratique de pouvoir accéder rapidement aux activités, événements, centres d'intérêts et trouvailles (informations qui sont volontairement publiques) de ces amis, et des amis de mes amis. C'est beaucoup plus rapide et efficace que par l'intermédiaire des blogs. On sort des relations en tête-à-tête pour être dans un partage de groupe, en gros...

Notamment, j'ai trouvé grâce à Cédric cette vidéo, que je trouve géniale mais que je ne montrerai pas à mes enfants, non, non !... Ou alors pas tout de suite... Ou alors seulement quand ils auront un fauteuil assez solide pour tester la version "électrique" de la chose... ou quand Timothée me reposera la question : "Et moi maman, qu'est-ce que je peux faire comme sport ?" quand on regardera les prochains jeux paralympiques. Donc pas avant dans quatre ans, en gros. Ouf.



Allez hop, j'y retourne, entre le bain des enfants et leurs devoirs pour demain, c'est trop cool les réseaux sociaux...

Macha.

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Publié le 4 Juin 2008

Aujourd'hui sur ce blog, un sujet d'actualité, en mode dérision...

Lulla est brune, comme tout le monde (ah non ? ah bon, je croyais).
Lulla fait du 90B de taille de soutien-gorge, comme tout le monde (ah non ? ah bon...)

Lulla se teint les cheveux, et passe entre les mains d'un chirurgien esthétique.

Lulla devient blonde, et fait du 100D (bavez pas, les mecs, c'est mauvais pour les claviers).

Lulla rencontre Ricco. Ricco est fondu des blondes à forte poitrine. Des VRAIES blondes avec de VRAIES fortes poitrines. C'est son truc à lui.

Ricco et Lulla se fréquentent, sympathisent. Ricco veut la garder pour lui tout seul, sa blonde à forte poitrine, il veut l'appeler sa femme et rester avec elle toute sa vie. Sauf que, il veut que ce soit vraiment une VRAIE blonde, avec une VRAIE forte poitrine. Il en parle à Lulla. Lulla lui répond qu'elle est une VRAIE blonde, à VRAIE forte poitrine. Elle se dit qu'avec un peu d'amour, Ricco comprendra.

Ils se marient. La nuit de noces arrive, Ricco est impatient. Quand Lulla se déshabille, euh... grosse déception de Ricco. Ben oui, quoi, il y a des trucs, quand ce n'est pas d'origine, ça se voit.

Le lendemain, Ricco demande l'annulation du mariage parce que Lulla lui a menti sur un truc IMPORTANT POUR LUI.

Si on lui accorde l'annulation de son mariage avec Lulla, cela n'empêchera pas les brunettes à petits seins de se marier (ni Lulla de se marier avec un autre type) !

L'annulation du mariage officialise les éléments suivants :

- Lulla a menti
- Ricco est un mec stupide à l'esprit étroit
- Ce qui les reliait n'avait rien à voir avec l'amour, ni quoi que ce soit d'autre sur quoi on peut baser une vie commune (confiance, valeurs communes, etc.)
- Il faut libérer Lulla du joug de cet abruti !

Si on refuse l'annulation du mariage, on n'apporte rien de mieux à Lulla. Le divorce sera prononcé (au lieu d'une annulation) et n'apportera aucune protection à la jeune fille, bien au contraire. J'ai été divorcée à 19 ans, et je peux vous dire qu'en complication et paperasseries, c'est vraiment pénible...

Un juriste, spécialiste du droit des enfants, parle beaucoup mieux que moi (et sans dérision) de ce fait d'actualité dans son blog que je vous recommande, pour le regard direct qu'il apporte sur notre monde : http://jprosen.blog.lemonde.fr/.

Macha.

Edit : le 19 juin, Maître Eolas sur son blog a aussi écrit un billet que je trouve intéressant à ce sujet :

http://www.maitre-eolas.fr/2008/06/19/1005-affaire-du-mariage-annule-a-lille-l-execution-provisoire-a-ete-suspendue

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Rédigé par Macha

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