Publié le 31 Octobre 2006

Je tiens en premier lieu à remercier tous ceux et toutes celles qui m'ont manifesté leur soutien et leur compassion à la lecture de mon article précédent.

Je ne peux pas rester dans cette émotion-là. Elle est insupportable. Il m'est nécessaire, pour ma santé mentale, pour mon équilibre, de passer à d'autres choses. J'apprends, depuis longtemps, à vivre avec cette souffrance. Elle est toujours en moi, mais heureusement, je ne suis pas toujours en elle...

Alors, juste pour se changer les idées, je vous propose ces quelques mots de Omar Khayyam : "Sois heureux un instant, cet instant c'est ta vie."

Et pour le fun, à la particulière intention d'un ami cher qui sait apprécier le nectar de la vigne (ce qui n'est pas mon cas), ce délicieux quatrain :

"On ne peut consumer de tristesse le coeur empli de joie,
Ni détruire le plaisir de vivre en le passant à la pierre de touche.
Il n'est personne qui sache le secret du futur ;
Ce qu'il faut, c'est du vin, l'amour et le repos à discrétion." (CXXVIII)


C'est le poète qui l'a écrit !!!

Merci encore à tous,

Macha.

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Rédigé par Macha

Publié dans #Des mots - des images et du son

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Publié le 30 Octobre 2006

Il y a dix ans aujourd'hui, je mettais au monde Amandine.

Ma grossesse s'était déroulée sans problème. Une FIV qui a marché quasiment tout de suite (il y avait seulement eu une stimulation sans ponction auparavant), c'était miraculeux...

Pendant cette grossesse, j'ai plané à 100 lieues au-dessus du sol, tout le temps. Les hormones sans doute ;-), le bonheur de cette vie, inespérée, magique... Rien de mal ne me touchait. Rien n'altérait mon bonheur. Même pas l'absence de cet homme qui partait chaque jour plus loin de nous. Qui mentait de plus en plus mal, qui rentrait de plus en plus tard, quand il rentrait...

Pendant une séance de préparation à l'accouchement, la puéricultrice a énoncé les causes possibles d'une venue à l'hôpital : perte des eaux, blablabla, ... et si l'enfant ne bouge pas pendant plus d'une heure.

J'ai manifesté ma surprise : "je ne comprends pas, moi mon bébé ne bouge que deux fois par jour, c'est tout. Elle bouge à midi et à 22 heures, jamais le reste du temps." La puer était un peu embêtée, m'a posé quelques questions sur les examens effectués. J'étais parfaitement suivie, rien ne paraissait suspect, les médecins n'avaient rien dit, dont elle a conclu que ça devait être normal....

C'était mon premier enfant, je n'avais aucun point de repère, je ne me suis pas inquiétée...

Dans la nuit du 29 au 30 octobre, il y a eu une fausse alerte et un premier aller-retour à la maternité (fissure de la poche des eaux).

A 7 heures du matin, j'avais des contractions toutes les 5 minutes. Donc je suis repartie à la maternité. J'étais coooooooool de chez cool. Shootée. Mieux que de la colombienne ;-). Zen jusqu'au bout des doigts de pieds. On m'a posé un moniteur sur le ventre, et j'ai attendu assise dans un petit bureau qu'on me libère une salle de travail. J'étais tellement détendue que je me suis endormie. Si, si ! Il faut dire que je résiste assez bien à la douleur, en général. Un toubib m'a réveillée en entrant dans la petite pièce pour chercher je ne sais quoi. Surpris, il m'a demandé ce que je faisais là. D'une voix pâteuse, mal réveillée, je lui ai répondu : "j'accouche". Il a éclaté de rire. Et puis il a regardé le moniteur, et tout sérieux m'a répondu : "ah oui tiens, c'est vrai ! Je n'avais encore jamais vu une femme accoucher en dormant !"

En salle de travail, perfusion, moniteur plus "lourd", surveillance.... Et rien ne se passait. Pas de dilatation du col. Ils ont commencé à trouver ça louche. Ils ont aussi commencé à me prendre la tête pour la péridurale. J'avais dit que je n'en voulais pas, je l'avais fait écrire dans mon dossier. Je tenais à ma décision et les infirmières ont commencé leur travail de sape pour me faire changer d'avis...

A 14 heures, ils ont décidé de provoquer l'accouchement. Ocytocine (ou syntocinon, c'est pareil), sans juger de l'orthographe du machin, ça déclenche des contractions beaucoup plus violentes et plus fréquentes.

Toujours sans péridurale.

Et les infirmières et le médecin continuaient d'essayer de me convaincre. Moqueries, chantage à la santé du bébé, j'ai eu droit à tout... Au bout d'un moment, l'une des infirmières a quand même demandé : "mais pourquoi vous n'en voulez pas ?" Il était temps de me poser la question ! Sauf que je n'étais plus vraiment en position de répondre. Ni de parler tout court d'ailleurs, avec des contractions hyper fortes (qui bloquaient l'aiguille du moniteur) toutes les minutes.

Et le père (tiens, il était là, lui ?) a répondu à ma place cette magnifique connerie : "parce qu'elle veut sentir son accouchement". Alors j'ai hurlé : "N'IMPORTE QUOI !!!!".... contraction .... "C'EST PAS POUR CA !" ... contraction ... Et pendant ce temps-là, je pensais "Mais à quoi ça a servi de parler avec lui, de lui expliquer en long et en large les raisons de ma décision ? A quoi ça a servi de remplir un dossier ? Puisque de toute façon personne n'écoute ni ne tient compte de mes choix ?"... contraction ... "J'AI PAS CONFIANCE !!!!" L'infirmière était interloquée : "Mais vous savez, nos anesthésistes sont très bons, on n'a jamais eu d'accident ici !?..." contraction ... "IL SUFFIT D'UNE FOIS ET CA TOMBERA SUR MOI"... contraction ... "J'AI PEUR DE LA PERIDURALE, PAS DE LA DOULEUR"... contraction ... "C'EST ASSEZ CLAIR, CA ?????" Je crois qu'à ce stade, j'étais un peu aggressive. Je crois. Surtout envers le père de ma fille, que j'aurais bien passé par la fenêtre, à ce moment-là...

Au bout d'un moment le toubib est revenu, et toute l'équipe a essayé de faire bouger le bébé. Amandine avait bien la tête en bas, mais pas tournée du bon côté. Au lieu d'appuyer sur le col de l'utérus pour l'ouvrir, tout restait bloqué. Alors on m'a mise sur le côté, puis de l'autre, on m'a secouée, tripotée, manipulée dans tous les sens. Mais le bébé ne bougeait toujours pas.

A un moment, en surveillant le moniteur (j'avais le regard rivé sur l'écran), j'ai vu que le rythme cardiaque du bébé avait chuté. On m'a donné de l'oxygène, et le rythme cardiaque du bébé est remonté. Je l'ai raconté à l'infirmière quand elle est revenue, mais elle ne m'a pas crue. C'est sûr, une femme en train d'accoucher, ça ne dit que des stupidités ! Puis ça a recommencé en sa présence, alors elle est allée chercher le toubib en quatrième vitesse.

Au troisième incident cardiaque du bébé, on m'a emmenée au bloc en face pour une césarienne. Il était 18 heures. Après 11 heures de travail sans péridurale, dont 4 sous ocytocine...

Au bloc, on m'a faite une rachi-anesthésie (même principe que la péridurale, anesthésie partielle). Pendant ce temps, le toubib se préparait, et il a mis de la musique.

Comme j'étais consciente, j'ai demandé, par curiosité et pour essayer de me détendre, de quelle musique il s'agissait. Il m'a répondu : "c'est moi qui opère, c'est moi qui choisis. Vous n'avez rien à dire". J'étais secouée de tremblements, je ne dominais plus mes membres, je ne dominais plus ma peur. Je risquais de perdre mon enfant, et j'étais dépassée par ma panique et mon impuissance. Et il fallait que je la ferme, donc !

L'opération a commencé, le toubib parlait avec une stagiaire en lui montrant l'intérieur de mes entrailles. Et il s'est répandu en commentaires extrêmement désobligeants sur l'état de mes organes reproducteurs. J'étais béante, vulnérable jusqu'au tréfonds de mes tripes, au premier degré, et ce type en a rajouté en m'humiliant publiquement...

J'ai demandé à l'anesthésiste si je pourrais entendre mon bébé crier quand elle sortirait, et au moment où elle a ouvert la bouche pour me répondre, j'ai entendu Amandine crier.

Et mes larmes ont coulé, me transformant en fontaine. Je pouvais crever, elle vivait. Tout était fini. Le pire n'était plus. Elle vivait. L'anesthésiste a posé la tête de mon bébé sur mon épaule droite, et je l'ai inondée de larmes.

J'ai juste eu le temps de réaliser qu'elle était belle, avant qu'on ne l'emporte pour la préparer et l'habiller.

Elle était vivante, sortie d'affaire (et de moi). Elle allait bien.

Quelques instants plus tard, elle était posée tout contre moi, douce, calme, magnifique. J'ai pu commencer à l'allaiter une heure après.

Pendant la nuit, le chirurgien est venu me voir, pour me dire qu'il ne comprenait pas. Amandine n'avait pas le cordon autour du cou, alors pourquoi ne bougeait-elle pas ? Mystère, mais tout allait bien maintenant. Comme mon seul désir était d'oublier ce pauvre type et sa suffisance, je n'ai pas cherché à l'aider à trouver des excuses ni des explications. Ma fille était née, elle allait bien et je ne demandais rien de plus. Surtout pas de lui.

J'ai eu du mal à récupérer de la césarienne (et de la rachi-anesthésie). Impossible de marcher avant trois jours, malgré la mauvaise humeur du kiné qui m'accusait de ne pas y mettre assez de bonne volonté...

L'allaitement n'était pas très facile non plus, Amandine étant très faible. Mais j'étais motivée pour deux.

Pour la visite de sortie, la pédiatre est arrivée, très en retard, et s'est mise à ausculter Amandine, sans se laver les mains. Elle avait les mains tellement sales que ses ongles étaient noirs, et c'est avec ces mains-là qu'elle palpait mon petit bout de fille, j'étais horrifiée. La pédiatre a signé les papiers de sortie, sans noter le moindre problème d'hypotonicité.

Quand je suis retournée à la maternité un mois et demi plus tard, pour dire qu'Amandine était atteinte d'une amyotrophie spinale, et que rétrospectivement ça expliquait un certain nombre de choses, il m'a été dit que oui, effectivement, on avait remarqué un problème de tonus à sa naissance. Mais, pour ne pas inquiéter les parents (sic), rien n'avait été écrit, tous les papiers avaient été remplis comme s'il n'y avait pas eu de problème.

Alors, à quoi servent les tests pratiqués à la maternité ???

C'était il y a dix ans. Ma petite était extra-ordinaire. Elle attirait les gens, forçait l'admiration. Son regard profond étonnait, captivait. Elle était ... magnétique. Et magnifique. Et douce, d'une douceur inhumaine, incomparable. Elle avait aussi un caractère très affirmé, communiquait parfaitement, sans jamais avoir parlé.

Elle vivait dans mes bras, dormait dans mes bras, mangeait dans mes bras. Chaque matin, quand elle se réveillait, son sourire illuminait ma vie. Me réparait de mes nuits.

Je ne peux rien projeter de ce qu'elle aurait pu être sans cette saloperie de maladie. Je ne l'imagine pas en grande fille. Je ne l'imagine pas marcher. Elle est et restera un bébé de presque 6 mois. Qui est né il y a dix ans. A l'instant.

Elle me manque à en crever.

Macha.

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Rédigé par Macha

Publié dans #Dans quel monde vivons-nous

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Publié le 18 Octobre 2006

Je tombe régulièrement dans la presse sur des informations concernant la politique de Monsieur George W Bush, vous savez, le président des Etats-Unis d'Amérique, là-bas de l'autre côté de l'Atlantique...

Comme j'aime bien partager avec mes lecteurs assidus l'insondable étendue de mes questionnements sur l'humanité et ses dérives, et ma légendaire perplexité sur le monde qui nous entoure, je vous propose ci-dessous quelques liens sur des articles de presse :

Libération du 23/09/2006 - Les Etats-Unis en passe de légaliser la torture

Libération du 26/09/2006 - Un général US dit que la guerre en Irak a accentué le terrorisme

Le Monde du 28/09/2006 - Le texte sur le traitement des prisonniers en voie d'adoption par le Congrès américain

Le Monde du 17/10/2006 - George W. Bush signe une loi autorisant des interrogatoires violents

Le Monde du 18/10/2006 - George W. Bush attaqué par les défenseurs des libertés civiles

Et pour lancer le débat, je vous propose de répondre à une petite question :

Que pensez-vous du fait que le pays le plus puissant du monde, qui se comporte en gendarme partout sur la planète, décide d'officialiser de ne pas respecter les conventions de Genève sur le traitement de ses prisonniers ?

Macha, poil à gratter.

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Rédigé par Macha

Publié dans #Dans quel monde vivons-nous

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Publié le 18 Octobre 2006

Depuis 6 mois, Jade demande à avoir des boucles d'oreilles. Sans faillir, sans frémir quand je l'ai prévenue que ça ferait un peu mal, sans oublier, sans céder...

Or pour moi, la démarche ne va pas du tout de soi. Je n'aime pas beaucoup reproduire des habitudes culturelles sans y mettre un minimum de conscience. Donc j'ai attendu de savoir ce qu'elle voulait vraiment. Et la petite, très motivée, l'est restée sur la durée, donc ce matin, j'ai tenu ma promesse à ma jolie poupée douce, et nous avons pris la direction de la bijouterie.

Avant :







Après (elle n'a pas l'air traumatisée, hein ?) :







Et Timothée dans tout ça ? Il va beaucoup, beaucoup mieux...





Et il s'est laissé convaincre trrrrrès facilement d'attendre d'être grand avant de se faire percer la ou les oreille(s), lui ;-) ! J'ai fait la comparaison avec les cheveux : dans notre "pays" (j'aborde le concept de culture par la géographie, ça me paraît le plus simple), on a l'habitude de couper les cheveux courts aux petits garçons, et d'autoriser les petites filles qui le souhaitent très fort à avoir des boucles d'oreilles.

Mais je précise régulièrement que :
1/ quand ils seront grands ils feront ce qu'ils voudront, et
2/ dans d'autres "pays" on fait les choses autrement...

Macha, pour qui les choses les plus simples ne le sont pas forcément ;-).

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Rédigé par Macha

Publié dans #Bidous

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Publié le 10 Octobre 2006

Je vous recommande vigoureusement la lecture de cet article de MSN Actualités sur la journée de sensibilisation au handicap organisée aujourd'hui par l'APF :

Handicap: journée contre les discriminations et les idées reçues

Dommage que j'ai loupé l'info avant....

Macha.

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Rédigé par Macha

Publié dans #Généralités

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Publié le 9 Octobre 2006

Où ça ? A l'école... Depuis 15 jours, on est en plein dans les problèmes d'encombrements pour Timothée. C'est classique pour un enfant souffrant d'une insuffisance respiratoire, et fréquentant le monde extérieur... Le moindre début de rhinopharyngite peut "tomber" sur les bronches et conduire à de très sérieux problèmes, voire à une hospitalisation.

Alors il faut surveiller, multiplier les séances de Percussionnaire, veiller à ce qu'il garde bien son BIPAP toute la nuit. Surveiller le taux d'humidité de sa chambre, mettre quelques huiles essentielles dans un bol d'eau. Prendre régulièrement sa température. Si jamais il avait de la fièvre, on commencerait les antibios illico presto.

Et en attendant, c'est l'école en pointillés...

Le record de brièveté d'une journée d'école est pour l'instant tenu par mardi 26 septembre : j'ai déposé les enfants à 8h40, en prévenant leur assistante que Timothée était un peu encombré, donc de ne pas lui donner de collation (boire et manger augmente très rapidement l'encombrement), et de le surveiller attentivement. Pas de récréation prévue évidemment. Et à 9h30 elle m'a appellée : "Timothée est tout rouge et ne respire plus, il s'étouffe". Les 5 minutes suivantes (d'habitude je fais le trajet en 10 minutes minimum) furent parmi les plus longues que j'ai vécues. Mais je n'ai rien trouvé de bien grave à l'arrivée. Timothée respirait tout à fait bien et avait une couleur normale. Mais les deux enfants étaient habillés pour rentrer à la maison, et on m'a bien fait comprendre que l'école préférait éviter d'être à nouveau confrontée à cette situation. Normal.

Depuis, presque chaque matin, c'est la question : alors, j'y vais, ou j'y vais pas ? La semaine dernière ils y sont allés tous les jours. Mais ce matin (et demain), ils n'iront pas.

Vous avez déjà surveillé une casserole de lait posée sur le feu ? Et bien c'est à peu près pareil, comme situation.... Et il faut s'attendre à ce que ça dure comme ça pendant tout l'hiver... Il faut pouvoir s'adapter, ne rien prévoir de particulier pour chaque journée, être interruptible à peu près n'importe quand et pour n'importe quoi...

A part ça, les deux enfants ont tous les deux le moral. Ils sont très contents de rester au chaud à la maison avec maman, au calme :-). Moralement, aucun souci à se faire pour eux. Ils inventent de nouveaux jeux, demandent à ressortir d'anciens jouets, réinventent des tas d'histoires... Me racontent ce qu'ils ont appris à l'école, me chantent des chansons.

Tout va bien, donc.

Macha, en état d'alerte niveau 2 (on n'en est pas encore au niveau 3, largement pire).

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Rédigé par Macha

Publié dans #Ecole des bidous

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Publié le 1 Octobre 2006

Un p'tit cadeau pour mes copines tricoteuses (je pense particulièrement à Sarah et Valérie, mais aussi à toutes les autres) qui vont se lancer incessament dans la confection d'écharpes pour cet hiver.....

Une vidéo marrante (film d'animation) de 6 minutes 44 :



Les filles, n'oubliez pas de vous arrêtez à temps :-D !!!

Macha, qui rigole.

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Rédigé par Macha

Publié dans #Tricot (main et machine)

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